dimanche 30 avril 2023

 


Depuis que je suis petite, j'adore les paillettes et les robes de princesse. Comme beaucoup, je rêvais d'une vie glamour, où tout n'est que luxe et opulence. Je pense avoir eu plusieurs fois des pensées un peu ingrates envers ma famille parce que je me sentais très loin de la vie à laquelle j'aspirais, j'avais l'impression qu'il y avait un vrai fossé entre le milieu modeste de province dont je venais et la situation que je rêvais d'avoir. 

Depuis, je me rends bien compte à quel point c'est injuste, et combien ma famille m'a apporté des richesses autres que financières, des richesses inestimables car elles sont bien plus que des possessions matérielles. J'ai mis du temps à le réaliser, et j'ai grandi avec une forme d'insatisfaction, une envie de plus permanente.  




Grâce à YouTube et aux réseaux, j'ai vécu pendant quelques années des expériences dignes d'un univers parallèle. Des soirées open bar, cadeaux à gogo, des invitations, des voyages, des produits offerts, des lieux uniques privatisés pour un petit groupe... Les débuts de l'influence plus professionnelle, je dirais entre 2015 et 2018, ont vraiment été un âge d'or que j'ai eu la chance de vivre. On ne va pas se mentir, les créateurs de contenus étaient chouchoutés, on nous faisait nous sentir comme des stars alors qu'on était personne. C'était une sensation vraiment particulière, d'avoir sa petite vie normale, mais être traitée par des grandes marques comme des VIP. 

Ça peut faire tourner la tête. Faire perdre la notion de la normalité. Je ne crois pas que ça ait été mon cas (en tout cas je l'espère), mais ce qui est certain, c'est que pendant quelques années, j'ai eu un aperçu d'une vie privilégiée. C'est drôle, quand on ne fait pas partie de ce milieu, ce qu'on retient, ce sont les aspects positifs, le côté clinquant et éblouissant. On a l'impression qu'il n'existe plus de problèmes quand on a tout ce qu'on veut avoir. 

Et même si je me sens reconnaissante d'avoir profité de ces moments privilégiés, j'ai fini par me rendre compte que ce qu'on imagine souvent être une "vie de rêve" n'était en réalité ni ce que j'imaginais ni ce que je souhaitais. Je ne veux pas être hypocrite ou sonner moralisatrice, parce que malgré tout, les belles opportunités et le bling, ça me fait toujours un peu rêver, mais... 

Les milieux sous le feu des projecteurs, ça brille, c'est beau, mais ça brasse de la jalousie et des dramas dignes de l'école primaire ; on y croise des gens avec des egos pas possibles, autocentrés et totalement déconnectés de la réalité... Pas nécessairement du côté des créateurs de contenus d'ailleurs. Mais le nombrilisme de certains milieux parisiens/mondains donne envie de remettre les pieds sur terre et de revenir à ce qui compte vraiment. 



Bref, j'aime toujours les paillettes et les robes de princesses, mais je ne rêve plus d'une vie luxueuse et clinquante car je sais que ce n'est pas ça qui rend vraiment heureux. C'est niais, je vous l'accorde, mais j'ai des souvenirs bien meilleurs de petits moments simples, de vrais instants de bonheur sincère, plutôt que de moments dits exceptionnels et "waouh", dont je pensais qu'ils seraient des souvenirs marquants, mais qui, en réalité, ont été des expériences qui rendent bien sur mon compte Instagram, mais qui ne participent pas réellement à mon épanouissement personnel. 

Long story short, quand je réfléchis à la vie que j'ai connue jusqu'ici (comme une petite mamie de 30 ans qui va encore en voir des vertes et des pas mûres), et que je fais un petit bilan... La leçon de ma vingtaine serait certainement qu'on passe trop de temps à vouloir ce qu'on a pas et à s'imaginer comment serait la vie si on avait plus, et pas assez de temps à apprécier et prendre soin de ce qu'on a déjà. Cheesy ? Oui :) 







dimanche 16 avril 2023



Fragment de ma personnalité numéro 2 : on retourne quinze, vingt ans en arrière. Je suis au collège, j'ai 13 ans, je vis ma première peine de coeur, je commence à avoir des différents avec mes parents, je suis très timide et j'ai même peur de certaines de mes copines qui ne sont pas toujours tendres avec les gamins plus sages et "ennuyeux". Ce qui est totalement mon cas. 

Je découvre par hasard l'album "Fallen" d'Evanescence à la médiathèque, le rock, le métal, cet univers plus sombre et avec une identité forte. J'ai envie de l'adopter et de montrer au monde que je ne suis pas juste une petite fille sage qui aime lire et qui ne veut surtout pas faire de bêtises. Je veux sembler "dure à cuire" alors qu'en réalité, je suis honteuse d'être une première de classe, parce qu'être "une intello", c'est tout sauf cool à cet âge-là. 




Le style emo-gothic que j'adopte petit à petit, c'est la carapace que j'ai choisie pour traverser l'adolescence. C'était une armure autant qu'un reflet de toutes les émotions qui m'habitaient, clairement exacerbées par la puberté - je ressens tout tellement intensément, je me sens profondément incomprise, triste et seule. Je me sens en décalage, pas à ma place, parfois invisible et pas réellement aimée par mes proches. 

Sincèrement, je garde d'assez mauvais souvenirs de mon adolescence. Je ne suis certainement pas la seule. C'est une période où on se cherche, on a parfois du mal à se trouver, on a toujours l'impression d'être trop jeune pour faire ceci ou cela, et pourtant plus un.e enfant. 

Le jour de mon trentième anniversaire, je parlais avec des copines d'enfance qui ont le même âge que moi, et certaines me confiaient que le cap des trente ans avait été un peu difficile à accepter. Je crois que finalement, je suis réellement heureuse d'avoir grandi, muri, d'être très loin de la Camille de 15 ans qui était mal dans sa peau et dans sa tête. Ma vie n'est pas parfaite, mais je me connais mille fois mieux, je me suis trouvée, j'assume davantage qui je suis et ce que je veux dans la vie. Et je suis vraiment contente de ne plus être cette jeune fille paumée et triste. 

De ces années d'adolescence, j'ai tout de même gardé l'amour de la musique. Mes meilleurs souvenirs de lycée, c'est les moments avec mon groupe de rock avec des copains. On répétait toutes les semaines, on faisait tous les concerts qu'on pouvait (notre plus cocasse étant l'équivalent de la fête de la châtaigne dans un village du 49). On a fait des tremplins musicaux, on a enregistré un album live en studio, on se sentait comme des artistes, on était passionnés. J'espérais vivre de ma musique, j'ai fini par comprendre que ça ne serait pas le cas, mais c'est toujours resté ma plus grande passion. 



Ce côté un peu rock, un peu dark, ce n'est pas juste moi ado, c'est aussi une partie de moi qui n'est jamais vraiment partie. Ce qui est assez drôle, c'est qu'aujourd'hui, en terme de style, ça ne se voit plus trop. C'est toujours amusant de dire aux gens, habillée en sézanette parisienne, que j'adore le métal, ou que j'étais au concert de Rammstein. C'est un peu ma face cachée, celle qu'on ne découvre que quand on creuse un peu pour me connaître. 




L'inspiration derrière ces photos, c'est l'idée du métro souterrain, nuit perpétuelle, en opposition avec le métro aérien avec la vue sur Paris de la série précédente. Dark VS light :)



Photos @35mm.insia

Trench en cuir vintage
Tee-shirt Anine Bing
Legging en cuir vegan Jean-Louis Mahé
Bottines "Clover" Bobbies


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