Culottes de règles : mon avis et mes conseils

vendredi 12 juin 2020




Depuis un an, j'utilise des culottes menstruelles. Ça a été une révélation pour moi, et aujourd'hui, je vais vous dire pourquoi je les aime autant, et répondre à vos questions ! Ce n'est pas forcément évident de se lancer, donc j'espère que cet article pourra vous apporter des informations utiles, vous rassurer, et  peut-être vous donner envie de sauter le pas ! 


Pourquoi je m'y suis mise ?

- Parce que c'est super pratique de ne pas avoir à penser à notre protection hygiénique pendant la journée. C'est même libérateur.
- Parce que c'est plus esthétique que les ailettes des serviettes qui dépassent de la culotte. On dirait juste une culotte normale. Et ça, c'est toujours cool. 
- Parce que c'est meilleur pour ma santé que les protections hygiéniques conventionnelles.
- Parce que c'est moins cher, sur le long terme, que les protections hygiéniques jetables, surtout celles en coton bio, que je privilégie car meilleures pour la santé, mais coûteuses. Des estimations (basses) calculent une dépense d'en moyenne 100 à 150€ par an et par femme.
- Parce que ça produit considérablement moins de déchets que les protections hygiéniques jetables. Une femme jetterait entre 10.000 et 15.000 protections hygiéniques jetables en une vie. Chaque année, ce serait donc 45 milliards de protections hygiéniques jetées dans le monde.

En bref : c'est mieux pour ma santé, mon porte-monnaie, et la planète. 


Celles que j'ai testées


La première culotte de règles que j'ai testé est la oCulotte classique de la marque française Marguette. Elle coûte 32,90€, est faite de coton bio OEKO-TEX®, sans nanoparticules d’argent et est fabriquée en France. J'ai pris une taille S (36-38), qui me va bien, mais j'aurais aussi pu prendre un M pour être moins serrée à la taille. Ce n'est pas du tout dérangeant ou inconfortable, mais pas super esthétique #coucou-les-poignées-d'amour-qui-ressortent. En terme de design, c'est une culotte très classique,  pas la plus sexy, mais plutôt "sportswear". À noter, la démarcation avec la partie doublée est un peu visible, elle est un peu moins discrète que d'autres modèles. 

Bon plan : Vous avez une réduction de 5% pour 3 culottes achetées, ou 10% pour 6 culottes achetées, donc pensez à faire des commandes groupées avec des copines !


Je voulais également vous parler d'Elia, qui est aussi une marque française, fondée par "deux femmes entrepreneuses aux préoccupations ordinaires, qui souhaitent simplifier leur quotidien sans sacrifier leur santé". J'ai immédiatement accroché à l'univers et la philosophie de cette marque, à son style, et au fait que les produits soient 100% made in France (et certifié coton bio Oeko-Tex®). Je salue aussi l'engagement de la marque dans la lutte contre l'endométriose, une maladie gynécologique chronique qui touche 1 femme sur dix. 10% de leurs bénéfices sont reversés auprès d'associations luttant contre cette maladie. 

J'ai testé leur culotte Philomène, qui a un design plus girly que celle de Marguette, par exemple, avec un détail de broderie sur le devant. On dirait vraiment une culotte "normale" ! La taille M est parfaite pour mon bon 36-38. Ce modèle est prévu pour les flux moyens, et personnellement, je l'utilise même pendant mes jours de règles les plus forts, car je n'ai pas un flux abondant.

J'ai récemment reçu leur tanga Choupette, que je n'ai donc pas testé aussi longtemps, mais que je trouve top également. Lui est plutôt pour les flux légers à moyens, idéal en tout début ou en fin de règles. J'adore les détails de dentelle, et le côté glamour de cette culotte de règles. Comme quoi, on peut avoir de la jolie lingerie, dans laquelle on est à l'aise, même quand on a nos règles ! 

Bon plan : J'ai demandé un code promo à la marque, "Camille&Elia", qui vous offre 10% de réduction (hors packs) !



D'autres marques que je n'ai pas testées mais chez qui vous pourriez trouver votre bonheur :
- Petites Culottes 
- Réjeanne (vendue dans certains Monoprix, et bonus, ils font un maillot de bain de règles ! A tester !)
- Fempo

Je vous déconseille en revanche les marques de culottes menstruelles "discount", du type celles qu'on voit en pub sponsorisée sur Instagram, qui ne donnent pas vraiment d'information sur la provenance des produits, les matériaux utilisés, etc. et qui sont généralement de qualité médiocre... 


Prix

Alors oui, c'est vrai. Les culottes menstruelles ont un certain coût, notamment si on veut de la qualité et des matières respectueuses de notre corps et de l'environnement. Il existe de nombreuuuuses marques de culottes de règles - le concept a commencé à fleurir un peu partout, mais je vous conseille quand même de bien prendre le temps de voir chez qui vous achetez ;-) 

Une culotte de règle de bonne qualité pourra vous durer jusqu'à 6-7 ans, c'est donc un super investissement ! Si vous dépensiez une centaine d'euros par an en protections hygiéniques, ce budget vous permettrait d'acheter au moins deux ou trois culottes de règles, en une année ! 

On m'a demandé combien de culottes je conseillais d'acheter pour avoir un bon roulement : cela dépend de votre flux, de la durée de vos règles, et de votre budget ! Vous pouvez, comme moi, alterner culottes menstruelles et protections jetables, jusqu'au moment où vous aurez acheté suffisamment de culottes pour couvrir toute la durée de vos règles ! Je garde personnellement les culottes pour les jours où mon flux est le plus abondant, car je me sens vraiment à l'aise avec, et les autres jours, je privilégie des serviettes fines. 

Vous pouvez trouver un calculateur d'économies ici pour découvrir en combien de cycles mensuels votre culotte de règles serait rentabilisée. C'est souvent plus rapide qu'on ne le pense !




Confort et efficacité 

Je ne saurais vous dire combien les culottes menstruelles ont changé ma façon d'envisager mes règles. J'ai vraiment été bluffée par cette invention. C'est confortable, pratique, et même joli : ça fait presque oublier qu'on a nos règles !

Le confort est un aspect que je voulais vraiment souligner. Je n'ai jamais aimé les protections invasives comme les tampons, qui font mal selon les positions, la façon dont ils ont été mis... et les serviettes (jetables ou non) ne sont pas forcément très agréables à porter. La culotte de règles, c'est une culotte qu'on enfile comme n'importe quel sous-vêtement classique, sans y penser

Grâce à des textiles anti-bactériens, anti-fongiques, anti-odeurs, etc. il n'y a aucun souci de propreté, d'odeur, ou de sensation d'humidité avec les culottes de règles, si vous les changez lorsque c'est nécessaire.

En terme d'absorption, les culottes de règles sont équivalentes à 1-5 tampon(s) selon le modèle ! Pensez-y en faisant vos achats, c'est généralement très bien indiqué sur les pages produit. J'ai un flux léger à moyen, et je n'ai jamais eu de souci de fuite ! Faites attention à choisir un modèle adapté à votre flux, et à la bonne taille (pas trop serré, pas trop lâche). Un modèle non adéquat peut être la cause des fuites ou débordements.

Vous pouvez garder votre culotte de règles entre 8h et 12h (toujours selon votre flux et l'absorption de votre culotte), mais ça devrait suffire pour partir sereinement le matin en sachant qu'il n'y aura pas besoin de se préoccuper de ses règles jusqu'au retour à la maison le soir.

Si vous avez peur de vous lancer, vous pouvez commencer par adopter la culotte de règles uniquement la nuit, pour la tester sur un temps où vous êtes à l'aise, tranquille, chez vous. Même s'il y avait une petite fuite, c'est moins la panique qu'au bureau (mais je suis sûre que ça n'arrivera pas !). 
Les culottes de règles peuvent aussi être utilisées en complément d'une cup ou d'un tampon, si votre flux est abondant et que vous voulez être 100% en confiance ! 

Et évidemment, je souligne à nouveau l'argument de la santé. C'est bien plus sain que les protections conventionnelles (blanchies au chlore, pleines de produits chimiques, de parfums...) pas du tout top à mettre dans une zone aussi sensible. Le confort psychologique, le fait d'être rassurée et en confiance, c'est important aussi ! 

Un exemple de la composition des culottes Elia, WhatWhat.fr


Vos interrogations 


Comment se passe l'entretien, le lavage ? 
Rincez vos culottes à l'eau froide (pour éviter que le sang ne coagule), puis lavez-les, soit à la main avec du savon de Marseille par exemple, soit à la machine (à 30 degrés, dans un sachet de protection pour lingerie, et évitez l'assouplissant ;-)). 

Et en voyage ?  
J'avoue ne pas avoir testé les culottes menstruelles en vacances ou en voyage. Pur hasard en terme de timing, d'ailleurs ! Mais j'imagine que c'est la même chose que chez soi, si on a la possibilité de rincer et faire sécher sa culotte à la fin de la journée, je ne pense pas que ça pose problème. Effectivement, en camping, ou en voyage "sac à dos" où on change de logement tous les soirs, c'est peut-être moins pratique, mais je ne pense pas que ça soit complètement incompatible non plus, il faut juste un peu d'organisation ! 


Alternatives 

- la coupe menstruelle : zéro déchet, mais ne réduit pas le risque de choc toxique car c'est un dispositif intra-vaginal
- les serviettes hygiéniques lavables : je n'en ai jamais testé, mais vous trouverez quelques articles sur le sujet ci-dessous
- le flux instinctif libre : une technique pour les plus assurées !


Quelques lectures si vous voulez (encore) plus d'info !

Comparatif Culottes de règles - WhatWhat.fr
Le cycle éternel - Threeminds (avec des tests de différents types de protections)
5 choses à savoir sur le syndrome du choc toxique
Ces substances que nous cachent… les protections intimes - Consoglobe
Des nouvelles de Lauren Wasser, la mannequin amputée suite au Syndrome du Choc Toxique - Madmoizelle
Les alternatives durables aux protections hygiéniques jetables - L'info durable


Black Lives Matter

mercredi 3 juin 2020

Illustration de Sacrée Frangine


Black Lives Matter. Et je comprends que je ne pourrai jamais totalement comprendre. Mais ça ne veut pas dire que je n’essaierai pas.

Si j'ai décidé d'en parler aujourd'hui sur mon blog et sur Instagram, c'est pour mettre ma plateforme à disposition de celles et ceux qui en ont le plus besoin, et si je peux aider à ma façon, déclencher une réflexion. J’ai pris du temps pour réfléchir, lire, et essayer trouver les mots qui me semblaient les plus justes.

J’ai toujours été consciente du racisme présent en France, et ailleurs. J’ai le privilège de ne jamais en avoir fait l’expérience de façon violente, comme d’autres en ont été et sont victimes. Je suis à moitié chinoise-singapourienne, le racisme ordinaire envers les asiatiques existe, me déplait, me dérange, et je le condamne fermement. Mais jamais, jamais, je ne me suis sentie en danger à cause de mes origines, que ce soit face à la polie, ou en marchant dans la rue. Je n'ai jamais eu peur qu'on me refuse un emploi ou un logement à cause de mes origines. Car je passe pour une femme blanche. J'ai beau être métisse, physiquement, cela ne se voit pas vraiment. Et personne ne devrait avoir peur, se sentir en danger ou moins valorisé, à cause de sa couleur de peau.

Le racisme n’est pas une option en 2020. Continuer à croire que certains êtres humains sont supérieurs à d'autres en raison de leur couleur de peau, de leurs origines, de leur religion ou de leur milieu social n’est pas acceptable. Il n’y a pas à être d’accord ou non avec le fait que les Droits fondamentaux de l’Homme sont un DROIT. Le droit à vivre en sécurité, à être libre... Ce sont des droits accordés à chacun.e d'entre nous, et ils sont incontestables et inébranlables. Au nom de quoi certain.e.s de nos concitoyen.ne.s en seraient-ils privé.e.s ?

Le mouvement Black lives matter ne vise pas à amoindrir l’importance des autres vies, il n’y a pas besoin de répéter que "white lives matter too" puisque c’est ancré dans notre société. Une société de où les personnes blanches sont privilégiées - que ça nous plaise ou non, à nous les personnes qui nous sentons ébranlées par cette vérité, qui nous rendons compte que nous faisons partie d’une frange privilégiée de la population (si si, prenez deux minutes pour vraiment y réfléchir si vous en doutez encore), et qui n’avions pourtant pas toujours fait grand chose auparavant. Evidemment, chaque vie compte, c’est incontestable. Mais aujourd’hui, il est nécessaire de mettre en lumière ce qui n’est pas acquis, et c’est exactement ce que traduit le mouvement Black Lives Matter.

Dire "All lives Matter" revient à atténuer la dure réalité et l’urgence de ce que vivent nos concitoyens noirs en France et ailleurs. Ils meurent des mains de policiers qui sont sensés nous protéger, les protéger. Écoutons-les et mettons nos plateformes à leur disposition.
D'après une étude publiée par le Défenseur des droits en 2017, les jeunes hommes de 18-25 ans qui se considèrent comme arabes ou noirs ont été à 80% déjà contrôlées par la police, contre un pourcentage bien inférieur chez les personnes blanches du même âge. Ce n'est pas normal. 

Les interpellations que subissent nos concitoyens sont violentes. La France a d'ailleurs été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme pour son usage abusif de la force. La technique du plaquage ventral tue. Adama Traoré, Cédric Chouviat, la liste est déjà beaucoup trop longue. Nous avons la semaine dernière assisté à la mort en quasi direct de George Floyd. Il faut que cela cesse.

J’ai parfois lu qu’on devrait s’occuper de ce qui se passe en France, avant d’aller nous mêler de ce qui se passe aux US. Je ne pourrais pas être davantage en désaccord. Je vois ce mouvement comme quelque chose de global. Peut-être le tournant dont nous avions besoin pour changer durablement la société. La France n’est pas exemplaire, les situations de racisme sont encore beaucoup trop nombreuses. Racisme ordinaire (blagues, clichés, et autres gestes « insignifiants » du quotidien, qui sont en fait du racisme aussi), violences policières, manque de considération et de prise d’action de la part du gouvernement… Il y a du boulot. Mais ça ne veut pas dire que ça nous empêche de nous sentir concernés par ce qui se passe ailleurs. Là où les inégalités sont encore plus marquées, là où le racisme fait encore plus de victimes. Des victimes qui le paient parfois de leur vie. Les vies n’ont pas plus de valeurs parce qu’elles concernent des gens ici, en France, ou en Europe.

On accueille avec joie la musique, la dance, la culture noire, mais au quotidien, lorsque leurs créateurs.trices sont victimes d'injustice, que fait-on ? J'ai beaucoup vu sur Instagram la citation d'Angela Davis, si je ne me trompe pas: "il n’est plus question de ne pas être raciste, mais d’être anti-raciste". Aujourd’hui, et demain. Pas seulement en participant au mouvement à travers un post Instagram, quelques Stories. C’est bien, évidemment, mais "bien, ça peut toujours être mieux" :)

Pas en se disant qu’on va sauver le monde, mais plutôt qu’on va prendre part au combat d’une communauté, à leurs côtés. Documentons-nous, écoutons vraiment, prenons conscience de nos privilèges, et des inégalités et injustices qui subsistent. Le privilège, c’est penser que quelqu’un chose n’est pas un problème parce que ce n’est pas notre problème. Agissons, à notre échelle, pour lutter contre les inégalités. Devenons de meilleur.e.s allié.e.s anti-racistes. 

Mon mantra, c’est « Je ne vois pas le monde tel qu’il est, mais tel que je suis », et il résonne particulièrement en ces temps-ci.

Cette lutte, c'est aussi la nôtre. La société française est multiculturelle, par son histoire colonisatrice. De même, la culture noire est profondément imprégnée dans les codes français d'aujourd'hui, et elle a contribué à construire la société que nous connaissons. Nous sommes toutes et tous concerné.e.s par ce combat. Fermer les yeux face à ce que subissent nos concitoyens n'est plus possible.


(Lectures et documentations à venir sous peu)

Articles francophones :

"Lettre adressée à mes amis blancs qui ne voient pas où est le problème..." - Virginie Despentes

Articles anglophones : 

"How to Make this Moment the Turning Point for Real Change" - Barack Obama