ALIVE

samedi 14 novembre 2015



Je ne sais pas très bien par où commencer. J'ai un peu perdu l'habitude d'écrire pour exprimer mes sentiments, je l'avoue. Alors qu'avant, je le faisais constamment. J'ai l'impression qu'aujourd'hui peut être un bon jour pour m'y remettre. 

Le premier mot qui me vient à l'esprit : horreur. J'ai la gorge serrée, je n'arrive pas à penser à autre chose. C'était peut-être une mauvaise réaction, mais je l'admets : j'ai eu peur. Peur en entendant les hélicoptères voler au-dessus de mon appartement, peur en entendant les sirènes. Peur en me disant qu'à un moment ou un autre, il allait falloir sortir dans l'apocalypse ambiante.

 Je suis horrifiée. De cette violence, de cette barbarie. Ces gens voulaient simplement profiter de la vie libre à laquelle nous devrions tous avoir droit. 

J'ai de la chance. Je vais "bien". Presque tous mes proches vont bien. Aux deux personnes qui me sont chères et qui ont malheureusement perdu une amie, je voudrais pouvoir alléger votre souffrance, en partager une partie pour rendre la chose moins douloureuse, mais est-ce vraiment possible ? J'ai tant de peine pour ceux qui souffrent de ces atrocités. En quelques heures, quelques dizaines de minutes peut-être, Paris a changé d'atmosphère. Toute cette tristesse, cette peur, cette tension palpable... C'est insoutenable. Alors que je vais bien. Alors que mes proches sont en sécurité. Je n'arrive pas à imaginer combien ce doit être difficile pour ceux qui n'ont pas cette chance...

Car c'est vraiment ça : de la chance. Du hasard. J'aurais pu y être. Moi, ou quelqu'un qui m'est cher. Ça aurait pu être chacun d'entre nous. En voyant les avis de recherche sur les réseaux sociaux, et parfois - trop souvent - des dénouements tragiques, j'ai le cœur qui se serre. Et c'est à ce moment que je suis d'autant plus convaincue qu'il faut profiter de chaque instant que la vie nous offre. Qu'il faut s'aimer à chaque seconde, et se le dire ; il n'y aura jamais trop d'amour dans ce monde. Qu'il faut sourire, apprécier chaque petite chose positive qui nous arrive. Qu'il faut voir la beauté dans toute chose, et ouvrir les yeux sur celles qui nous semblent banales pour se rendre compte qu'elles sont merveilleuses.


Je suis une personne positive, joviale, qui, peut-être naïvement, veut croire en un monde fait de partage, d'amour, et de respect. En ces moments si sombres, même si je me sens terrorisée, je veux croire qu'il y a toujours de l'espoir, et que la vie reste belle. Je sais que ma vie est belle, mais comment ne pas penser aux victimes de la barbarie, pas seulement en France, mais partout dans le monde. Ces innocents, qui n'ont rien demandé à personne. Ces innocents, qui, de l'autre côté de la "barrière magique" du monde occidental, se voient refuser une aide de première nécessité. Qui fuient justement des atrocités comme celles que nous venons de vivre à Paris. Qui sont aussi effrayés que nous, car ce qui secoue la France depuis hier, c'est leur quotidien depuis des mois, voire des années. Ça n'arrive pas qu'aux autres.

Je ne suis pas là pour parler politique. Débattre avec des inconnus sur Internet ne m'intéresse que très peu. Certains balancent tout et n'importe quoi, sous le coup de l'émotion, de la colère, de la peur. Ou simplement parce que troller les fait bien rire (incompréhension totale de ma part à ce niveau, d'ailleurs). Je veux simplement tenter de faire passer un petit message d'amour et d'espoir à ceux qui me liront. Nous devons être unis. Nous devons être solidaires envers les familles et proches des victimes. Nous ne devons jamais oublier ceux qui nous ont tragiquement quittés. Nous devons nous serrer les coudes, déborder d'amour et d'altruisme. De générosité. C'est ça qui devrait faire tourner le monde, bon sang ! Le respect, la générosité, la gentillesse ! Je sais que c'est niais à dire. Mais si chacun de nous fait un petit pas, peut-être qu'on arrivera à construire quelque chose.

Cette unité qui nous avait caractérisée en janvier, et qui a continué à nous caractériser depuis hier soir, cette solidarité sur les réseaux sociaux, pour offrir un abri à ceux bloqués dehors, pour aider à retrouver les proches disparus... Cette unité doit perdurer.

N'oubliez jamais que votre vie aussi peut basculer, que chacun de nous peut tout perdre. Et que c'est pour ça qu'il faut profiter de la vie, en apprécier chaque instant, et essayer de faire le bien autour de soi. La vie est trop courte pour la gâcher en étant négatif ou méchant. Je me sens un peu moralisatrice en écrivant ces mots, mais tant pis.

Moi aussi, en ce moment, j'ai peur. Mais comme mes parents ne cessent de me le répéter, céder à la panique n'a rien de bon, et n'améliorera pas la situation. "Tu dois être courageuse", ils m'ont dit. Alors je vais prendre sur moi, pour continuer à vivre ma vie librement.

Faites attention à vous, soyez prudents. Mais avancez.
Avancez, parce que vous êtes vivant.

5 commentaires :

  1. Très bel article, c'est exactement ce que je ressens! Je ne suis pas de Paris, je ne vis même pas en France, mais j'étais supposée être à Paris aux moments des faits.. de la chance comme tu dis! Je ne suis pas concernée personnellement mais j'ai le coeur tellement gros .. Ensemble, soyons plus forts.

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  2. C'est très triste devoir dire qu'on a la "chance " de vivre...

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    1. Tu as raison, c'est triste ! Mais c'est aussi vrai ! Que ce soit les récents événements, un accident, la santé... La vie est si fragile. Je crois qu'il faut vraiment en apprécier chaque instant. ❤️

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  3. Quand j'ai appris la nouvelle aux infos vendredi soir aucun mot ne pouvait sortir de ma bouche. Il n'y avait que des larmes qui coulaient. Ce n'était que le début, il n'y avait qu'une vingtaine de morts et pourtant je voyais déjà l'horreur et la barbarie dans leurs gestes. Mon petit ami ne savait pas trop comment me consoler alors il n'a pas cessé de me serrer contre lui, lui aussi les larmes aux yeux. Je crois que plus rien ne sera comme avant car cet attentat était trop bouleversant pour chaque Français, touché de près ou non, par cette barbarie...

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